Qui peut acheter une moissonneuse ?

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« Ma moissonneuse me coûte 13 €/t de blé, tu penses que c’est correct ? »

Cette question peut dérouter, car elle ne fait pas partie des approches habituelles.

En règle générale (ETA ou CUMA), les tarifs de moisson ne sont quasiment jamais facturés directement à la tonne, mais plutôt à l’hectare ou à l’heure de batteur.

Cependant, on peut facilement convertir ce coût à la tonne de blé en fonction du rendement de la parcelle, et ainsi pouvoir l’intégrer plus facilement dans des réflexions de calculs de charges de mécanisation et de prix objectif de vente.

Le prix de revient moyen d’une moissonneuse en CUMA est de 70 à 100 €/ha hors main d’œuvre et GNR. (source GPR Est 2025)

Si l’on inclut des consommations GNR de 14 l/ha à 1.2 €/l et un chauffeur salarié à 23 €/h, il faudra ajouter de 20 à 25 €/ha pour chiffrer toutes les composantes du chantier.

On peut donc ainsi se livrer à notre calcul sur une base « prestataire » de 110 €/ha en céréales ou colza.

Voici ce que cela donne, ramené à la tonne selon différents scénarios de rendement qui reflète les différents types de sol et potentiels de notre région :

Coût de la moisson ramené à la tonne

BLÉ

RDT EN T/HA

MOISSON €/ha
56789
9018,015,012,911,310,0
11022,018,315,713,812,2
13026,021,718,616,314,4
COLZA

RDT EN T/HA

MOISSON €/ha
22,533,54
9045,036,030,025,722,5
11055,044,036,731,427,5
13065,052,043,337,132,5

Premier constat, les écarts vont de 1 à 2.5 selon que l’on ait des tarifs de moisson plus ou moins élevés et des potentiels de rendement faibles ou forts.

Si on se base sur du blé vendu 200 €/t, cet écart peut représenter de 5 à 13 % du produit brut. On peut donc retenir le chiffre de 13 à 15 €/t comme situation moyenne pour des céréales et de l’ordre de 30 à 35 €/t pour du colza.

Comment bien maitriser ses coûts ?

 Face à une envolée des tarifs d’achat en neuf, qui vont maintenant de 750 à plus de 900 €/ch, le démarrage d’un groupe partant de rien va obligatoirement passer par un financement sur 10 ans, des volumes engagés de l’ordre de 0.8 à 1 ch/ha ( 500 ha à 600 ha pour 500 ch) et l’acceptation d’un tarif hors GNR et MO qui va dépasser les 100 €/ha.

Pour ne pas déraper trop en tarif, il va falloir établir les priorités du groupe :

Plus globalement, les tarifs montent quelles que soient les solutions choisies. Une approche globale et collective du chantier dans son ensemble est indispensable pour réussir à passer le cap d’un premier investissement.

Quelques chiffres…

Dans les CUMA du Grand Est, soit les groupes choisissent de gros modèles neufs avec des surfaces importantes (500 à 700 ha/an), soit des « occasions » entre 150 et 300 000 € avec des financements assez longs.

À noter qu’Entraid dans son récent Rayon X sur le sujet, rappelle qu’une moissonneuse garde une forte valeur résiduelle, de l’ordre de 65 % du neuf à 4 ans et 50 % à l’âge de 8 ans.

Donc, un groupe moisson doit être pensé durablement pour capitaliser ensemble et profiter de ces acquis lors des renouvellements.

Éric Aubry