Les éleveurs vers l’autonomie protéique

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Le 29 avril, les éleveurs de Moselle et des environs se sont retrouvés lors d’une journée dédiée à l’autonomie protéique des élevages. Zoom sur certains ateliers.

La journée du 29 avril sur le thème de l’autonomie protéique des élevages a permis la rencontre entre les membres de trois collectifs, le GIEE adossé à la CUMA de la Liberté, le GIEE Lait’Echanges Bio animé par Fanny Rouyer de la Chambre d’agriculture de Moselle et le GIE des éleveurs du Grand Est, qui oeuvre à structurer une filière de coproduits pour garantir de meilleurs prix aux producteurs.

Qui dit autonomie fourragère, dit toastage. En effet, cette technique permet de valoriser les graines oléoprotéagineuses dans la ration des animaux. La CUMA Alt basée en Alsace a investi dans un toasteur et regroupe 37 adhérents de la région. Ce procédé diminue les facteurs anti nutritionnel des graines de soja, féveroles, pois, vesce, lupin mais aussi de maïs. Cette torréfaction augmente l’appétence des grains et augmente le taux de protéines assimilables et assure une meilleure conservation.

Pour illustrer, Julien Stablo, apprenti chargé de mission à la FRCUMA Grand Est illustre,

“Avec un pois toasté, on augmente la quantité de matière sèche de 5 % en moyenne. La solubilité de celle-ci est réduite de 22 % et les facteurs anti trypsiques de 91 %. Pour le soja, ce sont les mêmes constats avec -26 % pour la solvabilité.”

La CUMA qui cherche toujours à expérimenter et à pérenniser la technique est ouverte aux nouveaux adhérents. Pour cela, une tournée a lieu une fois dans l’année dans la région.

Florian Daloz, fondateur de l’entreprise Méca Séchage, spécialisée dans le séchage agricole, est intervenu sur les projets et la conception de séchoirs en grange. En illustrant celui de Saint Louis en Alsace. Ce dernier rassemble une quinzaine d’agriculteurs et environ 300 ha potentiellement engagés. Là, les agriculteurs amèneraient leur fourrage et le récupéreraient en bottes après le séchage. 

“Pour ce projet, il y a une grande implication de la communauté d’agglomération où il y a un fort enjeu sur l’eau, explique le spécialiste. Avec cet outil en commun, les agriculteurs du territoire peuvent continuer à exploiter sans endommager la ressource en eau. C’est une manière de valoriser la ressource fourragère avec des coûts quasiment identiques tout en assurant l’autonomie fourragère des exploitations.”

Le séchage en grange permet de rentrer le fourrage avant qu’il atteigne son optimum de maturité en plein champ, puis de le sécher à l’abri grâce à de l’air ventilé. À Albestroff en Moselle, Michel Gabriac a autoconstruit son séchoir en 2019 pour son exploitation de 116 ha et 60 vaches laitières. Bilan après deux campagnes : un taux butyrique plus élevé, 100 € de bonification pour 1 000 litres de lait, et 5 000 litres de carburant économisés. La ration est aussi plus digestible et mieux équilibrée.

La fin de journée était dédiée aux démonstrations de matériel, l’essentiel de la journée se jouait dans les ateliers techniques et les échanges : comment réduire sa dépendance aux intrants ? Comment mieux valoriser ses ressources fourragères ? Comment travailler ensemble pour être plus résilients face à la volatilité des marchés ? Les participants ont ainsi pu découvrir toute une panoplie de matériels de fenaison: une herse lourde de prairie, deux groupes de fauche, une faneuse, trois andaineurs centraux à rotors et un à tapis, une auto-chargeuse et une enrubanneuse.

Lucie Debruyne et Joris Paroisse pour ENTRAID