CUMA Marnothe : entre transition carbone, main-d’œuvre et robotique, quel bilan pour le GIEE ?
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Face à l’arrivée de nouvelles générations et à l'émergence de matériels toujours plus technologiques, la coopérative s'est rapprochée de la FRCUMA pour lancer une réflexion globale et structurer un Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE) initié en 2022. Trois ans après son lancement, l'heure est au bilan.
Fondée en 1984 à Aix-en-Othe dans le Pays d’Othe, la CUMA Marnothe est passée d’un petit groupement d’une quarantaine d’agriculteurs réunis pour l’achat de deux épandeurs, à une structure d’une centaine de membres aujourd’hui, couvrant des productions et des sections très diverses.
Marché du carbone : Une opportunité concrète de transition agroécologique
L’un des axes majeurs du GIEE a été l’exploration des marchés émergents du carbone afin d’accompagner la forte sensibilité des adhérents pour les mesures environnementales. Grâce au GIEE, un groupe d’agriculteurs a pu suivre une formation dédiée aux pratiques bas-carbone. Lors de l’Assemblée Générale 2024, la CUMA a invité un opérateur spécialisé (Soil Capital) pour présenter son référentiel aux adhérents.
« Suite à la présentation en AG, j’ai décidé d’intégrer mon exploitation dans le protocole Soil Capital dès 2024. Cela a consisté à créer une base de données en ré-encodant nos itinéraires techniques et façons culturales des années 2021 à 2023 pour servir de référence. Grâce à cela, j’ai pu générer 133 certificats carbone en 2024, qui devraient être rémunérés autour de 38 € le certificat. » confie Fabrice Perard, président de la CUMA Marnothe.
Mutualisation de la main-d’œuvre : Un potentiel théorique face aux réalités du terrain
L’optimisation du matériel passe inévitablement par l’humain. En 2023, le GIEE s’est penché sur la problématique du manque de main-d’œuvre à travers une grande enquête interne.
- L’enquête : 80 à 100 adhérents ont été contactés individuellement pour recenser les besoins et ressources de chacun.
- Le constat : 10 à 15 % des agriculteurs sondés ont exprimé un besoin de main-d’œuvre à des moments clés, tandis que d’autres disposaient de ressources complémentaires sur les mêmes périodes.
- La théorie : Sur le papier, les données montraient qu’il serait possible de faire tourner 4 à 5 salariés en itinérance sur l’ensemble des structures. Un groupe WhatsApp a été créé suite au sondage.
Où en est-on aujourd’hui ? La CUMA n’a pas encore franchi le cap de l’embauche d’un premier salarié. Cependant, un levier législatif récent pourrait débloquer la situation :
Depuis février 2025, les groupements d’employeurs hébergés par une CUMA ont désormais droit à l’abattement TO-DE sur les travailleurs occasionnels. Une évolution fiscale majeure qui pourrait lever les derniers freins financiers au sein de la CUMA Marnothe.
Robotique et innovations : Découvrir pour mieux anticiper
Le troisième pilier du GIEE concernait le matériel automatisé et le désherbage mécanique. Dans ce cadre, plusieurs membres de la CUMA a visité la CUMA des Ormes, équipée d’un robot FarmDroid dédié aux semis de betteraves et d’oignons.
Si la visite a démontré la maturité technique du matériel, le projet est pour l’instant mis en pause pour la CUMA Marnothe en raison d’un manque de visibilité sur les débouchés de la filière betterave bio. L’expérience reste néanmoins positive : elle a permis aux adhérents de se familiariser avec la robotique, ouvrant la voie à de futures adaptations lors de diversifications de cultures spécialisées.
Conclusion : Un collectif qui continue de grandir
Pour la trésorière de la CUMA (en poste depuis une vingtaine d’années) comme pour le président, le bilan du GIEE initié en 2022 est extrêmement positif. Cette démarche a permis de stimuler les échanges, de renouveler les réflexions collectives et de faire mûrir le groupe.
Riche de nouvelles idées, la CUMA Marnothe entend bien poursuivre sa dynamique d’innovation en initiant de futurs projets.